Festival Jazz In Marciac, édition 2018

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Une programmation de jeunes talents à Marciac : chapiteau ou Astrada, quel bonheur !

L’inauguration du festival Jazz In Marciac (JIM), s’est déroulée (27/07) sous un soleil éclatant dans la cour de l’Astrada en présence du Président-Maire et créateur du festival Jean-Louis Guilhaumon, du Député Philippe Martin, de madame la Préfète du Gers Catherine Seguin et de Wynston Marsalis (trompettiste de génie), entourés des dynamiques responsables Marie Cha et Fanny Pages, (nouvelle directrice de l’Astrada, salle de spectacles du village, avec le nouveau programme saison octobre 2018 juin 2019).

Tel un petit ange, mais doté d’un grand talent, Lucienne Renaudin Vary a eu l’honneur d’ouvrir la soirée sous le chapiteau entourée de pointures bienveillantes pour accompagner son spectacle, au rythme de la trompette avec un répertoire diversifié par des reprises de chants, etc.

En seconde partie, le public a vibré avec deux monstres de la trompette, Ibrahim Maalouf et Wynston Marsalis. Ibrahim Maalouf est venu avec un projet spécial JIM, dans l’esprit de l’américain Don Ellis, (qui avec son père avait inventé la trompette à 4 pistons dans les années 60). La musique n’a pas de frontières, Ellis aux USA et Maalouf au Liban qui a lui aussi développé son talent pour la trompette à 4 pistons. Ibrahim Maalouf n’a pas caché son enthousiasme et sa passion en présentant son projet à des spectateurs déjà conquis qui ont eu la possibilité de retrouver toutes les explications détaillées dans un document gratuit en libre accès à l’entrée.

Puis tous les soirs, les ténors du Jazz se sont succédé avec des plateaux incroyables de mélanges provoquant ainsi la curiosité des aficionados ou de accros du JIM : Eric Bibb, Lisa Simone, Emile Parisien, Vincent Peirani, Eric Truffaz, Marcus Miller, Richard Bona, Manu Katche tous deux effacés par le vieux Mike Stern et excellent guitariste, « enfant » de Mig Jagger et Jane Birkin en pensant à la coiffure de Lenny Escudero, etc.

Brad Melhau Trio ont donné le frisson, tant leur prestation faisait preuve d’exception et de finesse luxueuse. Les auditeurs de France Musique ont pu ressentir ces sensations lors de la retransmission.

Coup de cœur pour moi parmi les nouveaux venus : Myles Sanko, dont la voix de charme a restitué toutes ses émotions (comme Gregory Porter). Natif du Ghana, il a grandi dans une Angleterre dominée par la Soul Funky. Que du bonheur sur scène, vite transmis au public avec son doux sourire et sa complicité avec ses excellents musiciens. Cory Henry que j’affectionne particulièrement a surpris le public, malgré un son décevant et un bruit qui a rendu souvent ce concert inaudible. Je me suis donc résignée à rentrer tout en écoutant le son parfaitement restitué sur France Musique. Merci Alex Dutilh.

Initiative H, qu’on connaît bien à JIM, a fait son show avec Charles Pasi, dont le délicieux pianiste cubain Pity Cabrera joue souvent avec ses compères cubains (au club Nubia de Richard Bona à Boulogne Billancourt), et Felipe Cabrera, contrebassiste du groupe malien Lasmaravillas.

Selah Sue, jeune anglo saxonne au succès croissant en concert acoustique aurait mérité le merveilleux éclairage. Lizz Wright, fille d’un homme d’église géorgienne sera la diva d’une soirée qui a tenu ses promesses après l’habituée Stacy Kent, accompagnée par les élèves du conservatoire de la région dirigés par Jean-Pierre Peyrebelle. Focus sur Lucie Andrieu, sœur de Bastien Andrieu du merveilleux groupe de jeunes virtuoses Mowgli, vu à l’Astrada en première partie du généreux et époustouflant Thomas de Pourquery dont je suis, à chaque fois davantage conquise par son groupe de musiciens multi instruments de rêve.

Le festival 2018, a été ouvert à l’Astrada par le Quatuor Debussy suivi par le Oud représenté par Rabih Abou-Khalil et sous le chapiteau par Anouar Brahem Quartet.

Sophie Alour, une jeune trompettiste du big band marcicais de Marsalis est revenue en vedette à l’Astrada pour le bonheur de tous.

Le cru 2018 a été pour moi l’occasion de découvrir de nouveaux talents et c’est ce que je retiendrai de cette nouvelle édition du Festival Jazz In Marciac. Je n’oublie pas bien sûr le festival off : Tonton Salut Jazz, et Akpe Motion pour n’en citer que quelques-uns. Ainsi que Nico Wayne Toussaint pour clôturer, sans oublier l’ouverture des lieux par les concerts à Montesquiou, Villefranche, aire d’autoroute, plaisance du Gers, aux arènes, et Fources.

Les vedettes hors abonnement ont fait le plein Joan Baez et Santana finissent leurs tournées européennes à JIM, pour le soleil, foie gras Madiran et public connaisseur.

Bonnes vacances et rendez vous à l’Astrada, le 6 octobre. Vous retrouverez le programme dans toutes les bonnes adresses de France et de Navarre.

Eliane Mestre